2,9 milliards d'euros d'aides plus tard, la seconde usine de semiconducteurs en France entame sa production |
————— 07 Juin 2023 à 11h50 —— 34890 vues
2,9 milliards d'euros d'aides plus tard, la seconde usine de semiconducteurs en France entame sa production |
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Reportées le 12 juillet de l'an dernier, les intentions de GlobalFoundries et de STMicroelectronics étaient rendues publiques sur la construction en France d'une seconde usine à Crolles, dans l'Isère, actuellement en cours et dont même une partie est déjà opérationnelle.
Ce début de production était d'ailleurs l'occasion pour notre ministre de l'économie et des finances Bruno Le Maire — qui n'est pas maire, mais ministre, on vient de vous le dire — d'annoncer ce lundi 5 juin l'enveloppe publique allouée à l'usine, fixée à 2,9 milliards d'euros, via la plan fonce la France France Relance, pour un projet évalué à quelque 7,5 milliards d'euros. C'est un peu plus de la moitié de l'enveloppe globale destinée aux semiconducteurs — 5,5 milliards d'ici 2030 —, c'est aussi l'aide la plus importante accordée à un projet industriel depuis 2017, hors nucléaire.
Un air de déjà vu peut-être ?
Les enjeux ? D'abord des emplois, avec un millier de jobs à la clé. Mais surtout, une capacité de production européenne accrue de ~6 %, quand cette dernière ambitionne une aptitude à fournir 20 % du marché mondial d'ici à 2030, dans le cadre du Chips Act européen, soit un quadruplement des chiffres actuels.
Pour y parvenir, l'usine traitera du wafer de 12 pouces (ou 300 mm) à l'instar de l'installation existante, pour une production accrue de 620 000 galettes par an jusqu'à l'horizon 2028, repartie à 58 % pour GoFlo et 42 % pour STM. Cette unité de production deviendrait ainsi un fer-de-lance Européen, notamment sur la maitrise de l'écosystème FD-SOI. Il reste encore de chemin pour gagner une réelle dépendance industrielle et la compétitivité qui va avec, mais on ne peut que saluer la rapidité d'exécution tant sur le plan décisionnel que sur la mise en œuvre. En France, on n’a toujours pas de pétrole, mais on a des puces !
En aparté, cette nouvelle usine déclenchait une levée de boucliers du collectif STopMicro, souhaitant attirer l'attention de l'opinion publique sur les impacts environnementaux des industries locales et l'accaparement des ressources par celles-ci, en particulier de l'eau dont les industriels des semiconducteurs sont de grands consommateurs. Sur ce sujet, STM répondait en affirmant mener des efforts avec 43 % d'eau recyclée en 2022 et un objectif de 49% pour 2023, avec pour ambition à terme de recycler l'intégralité des eaux et ainsi devenir leader en Europe y compris sur l'impact écologique.
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Actuellement TSMC détient des compétences stratégiques et la capacité de produire des finesses de gravure pour tous les types de marchés, y compris ceux de pointe.
En revanche en Europe nous sommes des paumés, on a 10 ans de retard et nous serions incapables de produire les Soc qui équipent actuellement nos téléphones, les CPU et les GPU de nos ordinateurs et ce qui fait tourner certaines industries gourmandes en calcul, sans importation.
Il est là le problème, si demain l'UE se faisait couper le robinet, elle serait dans l'incapacité de produire sur son sol de la haute technologie, même avec la meilleure volonté du monde, et les sommes injectées dans le domaine sont ridicules à côté de ce qui se fait ailleurs dans le monde.
Et c'est quasiment comme ça dans tous les domaines en UE, nos industries ne sont plus au niveau, sauf peut être l'industrie allemande, et l'industrie militaire française (merci Thalès, Dassault et cie).