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Un prototype de CPU russe officiel : l'Elbrus-16C

Dans la jungle opposant Intel à AMD sur le plan des processeurs hautes performances grand public, nous oublions souvent que d’autres alternatives sont possibles, voire souhaitables, pour certains. En effet, là où l’administration américaine à tendance à dégainer un peu trop vite le coup du bâton du boycott, d’autres cherchent justement à produire en interne des CPU réellement indépendants de l’oncle SAM, et c’est le cas de la puce du jour, en provenance de Russie.

 

La nouvelle venue se nomme Elbrus-16C, est fraîchement sortie des bureaux de R&D, et demeure pour le moment au stade d’exemplaire de présérie. Sa commercialisation officielle aura lieu quelque part en 2021, si le COVID ne passe pas une nouvelle fois faire le ménage :

Côté technique, les 12 milliards de transistors moulineront à 2 GHz, ce qui permettra à ce CPU de supporter pas moins de 4 To de RAM, 32 lignes PCIe 3.0, 4 ports SATA ainsi que de l’Ethernet 2.5 GbE et 10 GbE. Côté performance, la firme communique sur 1,5 TFLOPS en FP32 et la moitié en FP64, là où une puce concurrente du même segment tope plutôt les 2,3 TFLOPS chez AMD et Intel. Notez la possibilité de relier 4 de ces bousins entre eux pour former un rack d’autant plus puissant, une pratique courante sur les serveurs de calculs, mais que l’on n’attendait pas forcément ici.


mcst elbrus 16c

 

Il ne faut cependant pas chercher trop loin pour trouver la trace d’un autre pays : la gravure est effectuée dans une fonderie de TSMC, du fait d’un 14 nm bien trop poussé pour être local. Par contre, l’architecture, basée autour de 16 cœurs de sixième génération et se basant sur un jeu d'instruction VLIW, est bien russe, car conçue par la firme MCST avec un fort soutien du gouvernement. De par sa configuration et son TDP de 110 W, il est probable que Moscou utilise cette puce dans des centres de calcul interne tournant sur des données sensibles pour lesquelles l’absence de backdoors est cruciale. (Source : Tom’s Hardware)

Un poil avant ?

Comptoiroscope • AOE3 Definitive Edition contre l'original

Un peu plus tard ...

SMIC bientôt dans la course au 7 nm ?

Les 16 ragots
Les ragots sont actuellement
ouverts à tous, c'est open bar !
par radada, le Samedi 17 Octobre 2020 à 18h29  
par Codeur le Vendredi 16 Octobre 2020 à 18h39
Les français font des circuits spécialisés pour les domaines critiques. Pour ce qui est de l'informatique grand public, ce n'est pas tellement un enjeu. Pour les administrations la stratégie consiste à sécuriser les réseaux, et pour ça quelques circuits spécifiques suffisent à filtrer ce qui entre et ce qui sort. Mais surtout la stratégie consiste à n'informer que les personnes à qui l'information est utile, du coup les données sensibles ne passent même pas par les réseaux.

Nous ne sommes pas "foutu" bien que je trouve aussi regrettable que nous ne prenions notre part de la manne financière de l'informatique grand public, en tout cas pas directement.
Merci Prof
par Nicolas D., le Samedi 17 Octobre 2020 à 08h39  
par Un ragoteur blond du Grand Est le Vendredi 16 Octobre 2020 à 12h33
C'est un CPU VLIW. Et ça change tout.

Par ailleurs, dans la news il est ecrit "basée autour de 16 cœurs VLIW de sixième génération". Or cela ne veux rien dire. C'est la 6ème génération de CPU VLIW de l'entreprise, pas de VLIW tout court. Il n'y a pas de "génération" de VLIW. (dans la source ils disent bien : "company's 6th-gen VLIW microarchitecture" )
Oups, c'est ce que j'avais en tête mais j'avoue que l'écrit est trompeur, c'est modifié !
par dismuter, le Vendredi 16 Octobre 2020 à 21h55  
par Un rat goth à l'heure en Auvergne-Rhône-Alpes le Vendredi 16 Octobre 2020 à 10h46
Comme la NSA à un petit prog dans le bios des CM
Source ?
par Codeur, le Vendredi 16 Octobre 2020 à 18h39  
par radada le Vendredi 16 Octobre 2020 à 17h43
Bordel...les chinois font un cpu ; les russes font un cpu ; les français sont ou????
Ce secteur est aussi une guerre ; et depuis le début diriger par les EU.
Ils serait plus que temps de se poser des questions (surtout niveau sécurité national et autres services secrets).La course au CPU c'est comme la course au nucléaire en somme,et là nous sommes foutu!
Les français font des circuits spécialisés pour les domaines critiques. Pour ce qui est de l'informatique grand public, ce n'est pas tellement un enjeu. Pour les administrations la stratégie consiste à sécuriser les réseaux, et pour ça quelques circuits spécifiques suffisent à filtrer ce qui entre et ce qui sort. Mais surtout la stratégie consiste à n'informer que les personnes à qui l'information est utile, du coup les données sensibles ne passent même pas par les réseaux.

Nous ne sommes pas "foutu" bien que je trouve aussi regrettable que nous ne prenions notre part de la manne financière de l'informatique grand public, en tout cas pas directement.
par Codeur, le Vendredi 16 Octobre 2020 à 18h33  
par linkin623 le Vendredi 16 Octobre 2020 à 17h42
Ces CPU me semblent surtout faits pour des choses vraiment stratégiques ou tactiques : traitement du signal pour des radars, systèmes de sécurité etc... Les programmes et le hardware sont hautement liés et il ne faut pas qu'une puissance étrangère comprenne comment ça marche facilement en mettant la main dessus.

Les CPU x86 dans des datacenter sans connexion au reste du monde, c'est suffisamment sécurisé quand on bosse sur des data sensibles.
Le x86 c'est pour le calcul générique. Pour les applications spécialisées on utilise des FGPA et des ASIC, c'est beaucoup plus performant. La France a des capacité de production souveraine de semi-conducteur. Seulement nous ne faisons pas de puces pour le grand public.
par radada, le Vendredi 16 Octobre 2020 à 17h43  
Bordel...les chinois font un cpu ; les russes font un cpu ; les français sont ou????
Ce secteur est aussi une guerre ; et depuis le début diriger par les EU.
Ils serait plus que temps de se poser des questions (surtout niveau sécurité national et autres services secrets).La course au CPU c'est comme la course au nucléaire en somme,et là nous sommes foutu!
par linkin623, le Vendredi 16 Octobre 2020 à 17h42  
Ces CPU me semblent surtout faits pour des choses vraiment stratégiques ou tactiques : traitement du signal pour des radars, systèmes de sécurité etc... Les programmes et le hardware sont hautement liés et il ne faut pas qu'une puissance étrangère comprenne comment ça marche facilement en mettant la main dessus.

Les CPU x86 dans des datacenter sans connexion au reste du monde, c'est suffisamment sécurisé quand on bosse sur des data sensibles.
par Jemporte, le Vendredi 16 Octobre 2020 à 14h22  
C'est un peu comme le vaccin russe. Il existe mais est-il efficace ? En tout cas des tas de russes, dont le fille de Poutine se le sont injectés. C'est donc qu'il est utilisé.

En fait avec des CPU très anciens, en programmant bien on est pas loin des réseaux de neurones et autres bidules avec des milliers de CPU parallèles. Tout est une question de qualité de résultats, de vitesse et de quantité.
La reco vocale des dictées IBM début années 90 sur des 486 était pas mauvaise. Celle de google par des serveurs online est meilleure, et elle se gourre moins mais avec des moyens comparatifs extravagants. En moyens investis la dictée d'IBM bat à plat de couture la reco de Google.
par CYCGalaxy, le Vendredi 16 Octobre 2020 à 12h59  
par Un #ragoteur connecté en Auvergne-Rhône-Alpes le Vendredi 16 Octobre 2020 à 11h36
+447 millions (*)

Franchement, il serait grand temps que l'UE se réveille !

Avec le rachat d'ARM par NVIDIA, on est en train de perdre le dernier fleuron d'origine Européenne du secteur (certes, il était déjà aux mains des Japonais et avec le Brexit, de toutes façons, il ne sera même plus d'origine UE).

------------------------
(*) Population de l'UE, au moins jusqu'au 31 décembre: ensuite il faudra retrancher 67 millions.
Le rachat d'ARM n'est pas encore fait a 100% moi je veux savoir, si l'on peut enlever 1 par 1 les milliards de transistors et en faire de la déco murale.
par Un ragoteur blond du Grand Est, le Vendredi 16 Octobre 2020 à 12h33  
C'est un CPU VLIW. Et ça change tout.

Par ailleurs, dans la news il est ecrit "basée autour de 16 cœurs VLIW de sixième génération". Or cela ne veux rien dire. C'est la 6ème génération de CPU VLIW de l'entreprise, pas de VLIW tout court. Il n'y a pas de "génération" de VLIW. (dans la source ils disent bien : "company's 6th-gen VLIW microarchitecture" )

Les microarchitectures VLIW ne sont pas connue pour être efficace pour des applications general purpose contrairement aux CPU d'archi x86 de AMD ou Intel, ou alors un ARM ou powerPC, voir même un RISC-V. Ces archi là sont faite pour des microarch Superscalaire et pas VLIW.

les VLIW sont connues pour être efficace energetiquement pour des calculs de type traitement d'image/signal et dans les cas où l'on a besoin de predictabilité. On les utilisent beaucoup dans ce que l'on appel des DSP (Digital Signal Processing).
La comparaison avec Intel ou AMD me semble donc malvenue ici (du moins la comparaison devrait se faire avec des pincettes et je doute que les reponses dans les commentaires plus bas ils aient bien compris la nuance).

Sinon, pour les énervés pro-Europe / pro-France dans les commentaires plus bas, sachez qu'en france on a des entreprises qui font exactement le même type de CPU depuis longtemps (des VLIW). Elles sont evidement moins connu que ARM/AMD/Intel car ce n'est pas dédié à des applications general purpose comme vous pourriez avoir besoin dans votre Desktop ou Laptop.

Il est donc plutôt improbable que ce CPU Russe integrent des backdoors comme le supposent certains commentaires plus bas. Ce CPU est reservé aux entreprises Russes et a des serveurs de l'adminisation Russe.
par Un #ragoteur connecté en Auvergne-Rhône-Alpes, le Vendredi 16 Octobre 2020 à 11h36  
par BloodBrother le Vendredi 16 Octobre 2020 à 11h12
Le monde sauf L'europe....il serait temps de s'y mettre.
+447 millions (*)

Franchement, il serait grand temps que l'UE se réveille !

Avec le rachat d'ARM par NVIDIA, on est en train de perdre le dernier fleuron d'origine Européenne du secteur (certes, il était déjà aux mains des Japonais et avec le Brexit, de toutes façons, il ne sera même plus d'origine UE).

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(*) Population de l'UE, au moins jusqu'au 31 décembre: ensuite il faudra retrancher 67 millions.
par Codeur, le Vendredi 16 Octobre 2020 à 11h29  
par BloodBrother le Vendredi 16 Octobre 2020 à 11h12
Le monde sauf L'europe....il serait temps de s'y mettre.
Je ne pense pas qu'il y ait beaucoup d'Intel ou d'AMD dans nos infrastructures critiques. STMicro sait faire des choses et ce ne sont pas les seuls. Nous restons très compétitifs sur le FPGA. Pour rappel les machines utilisées pour graver les puces, que ce soit en europe, en chine ou aux EUA sont fabriquées par ASML. Donc on sait faire la poule qui fait les oeufs.

Les EUA sont nos voisins et nous partageons une certaine vision stratégique. Aujourd'hui ce n'est pas vers les EUA que nos richesses partent mais vers l'allemagne et la chine. Si il fallait s'émanciper de quelqu'un je ne pense pas qu'il faudrait commencer par notre voisin de l'ouest.

On pourrait ajouter à cela que beaucoup d'ingénieurs des grandes firmes américaines sont français ce qui nous donne quand même des "outils" de choix pour surveiller ce qu'il s'y fait.

Quand à savoir pourquoi notre pays ne met pas sur pieds une industrie de semiconducteur de masse, il suffit de regarder le ratio investissement bénéfice. C'est un gros marché mais très compétitif : tout ce qui touche aux particuliers ne permet que de dégager quelques pourcents de marge. Probablement pas de quoi faire rêver nos investisseurs qui préfèrent marger x10 sur du luxe ou de la haute technologie.