Ubuntu se prépare à l’IA mais promet de ne pas faire de forcing |
————— 30 Avril 2026 à 14h39 —— 200 vues
Ubuntu se prépare à l’IA mais promet de ne pas faire de forcing |
————— 30 Avril 2026 à 14h39 —— 200 vues
Qu’on y soit favorable ou non, il sera difficile d’échapper à la présence d’outils d’IA dans nos ordinateurs personnels. En revanche, la manière dont les entreprises s’y prennent pour les intégrer peut faire passer la démarche pour un soutien bienvenu ou, au contraire, pour un forcing néfaste. En la matière, Microsoft en a donné un bel exemple avec l’intégration tous azimuts de Copilot — jusqu’au Bloc-notes — avant de rétropédaler, comprenant que c’était sans doute un peu too much, et que les utilisateurs n’étaient pas encore tous prêts à goûter à ce fruit plus trop défendu.

Quid des distributions Linux qui s'adressent, au moins en partie, à une communauté méfiante vis-à-vis des technologies perçues comme intrusives ? Pour l’une des plus populaires d’entre elles, Ubuntu, Jon Seager, responsable technique, a clarifié la position de Canonical dans un texte bien fourni titré : The Future of AI in Ubuntu.
Dans l’ensemble, la stratégie se veut à la fois progressive et mesurée. Jon Seager écrit par exemple que « la responsabilité et la transparence sont au cœur de notre approche ». Bien sûr, ce genre de formule relève du truisme. Ces déclarations, auxquelles il serait incongru de ne pas souscrire, tiennent plus du remplissage que d’un engagement concret. En pratique, aucune entreprise ne dira que « la désinvolture et l’opacité sont au cœur de notre approche » (enfin, l'opacité, éventuellement).
Heureusement, le discours ne se résume pas à des poncifs. D’abord, un calendrier est établi : 2026 sera une année charnière. Nous n'avons pas trouvé directement cette feuille de route dans le texte source, mais plusieurs sites stipulent que les premières briques concrètes apparaîtront avec Ubuntu 26.10 « Stonking Stingray », attendue en octobre 2026. Elles resteraient totalement optionnelles (preview opt-in). La version 27.04 proposerait des fonctionnalités intégrées au setup wizard, autrement dit directement dans l’assistant de première configuration.
Revenons sur le propos de Jon Seager. En amont, Canonical a commencé à encourager l’usage de l’IA en interne. L’idée est vendue comme une volonté d’expérimenter de manière pragmatique. Les développeurs sont incités à tester, mesurer et comprendre les apports réels de ces outils dans leur travail quotidien, avant d’envisager une intégration à grande échelle.
Par ailleurs, contrairement à certaines approches agressives observées chez plusieurs éditeurs, Canonical ne compte pas injecter un assistant conversationnel dans chaque recoin du système. En outre, l’entreprise affiche sa volonté de privilégier des modèles open source, ainsi que des traitements réalisés en local, sans dépendance systématique au cloud. Concernant les modèles, Canonical précise d’ailleurs qu’elle ne se limitera pas à vérifier la simple disponibilité de leurs paramètres, mais qu’elle scrutera également leurs conditions d’utilisation.
Dans les grandes lignes, l’intégration de l’IA dans Ubuntu reposera sur deux catégories de fonctionnalités. Les premières, dites implicites, viendront améliorer des usages déjà existants : reconnaissance vocale, transcription automatique ou encore OCR. L’objectif est de rendre le système plus efficace sans bouleverser les habitudes.
Les secondes, qualifiées d’explicites, introduiront de nouvelles capacités centrées sur l’IA. Cela pourrait inclure des agents capables d’automatiser certaines tâches ou des workflows intelligents adaptés aux besoins de l’utilisateur.
Jon Seager résume cette marche sur deux jambes ainsi : les fonctionnalités implicites amélioreront ce qu’Ubuntu fait déjà, tandis que les fonctionnalités explicites viendront enrichir le système avec de nouvelles possibilités.
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