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La nouvelle PDG de Xbox est là pour tuer la marque, selon le concepteur de la première console

Alors que le lancement de la Xbox de prochaine génération en 2027, fabulé par Lisa Su, a alimenté plein de perspectives, chez Microsoft, en fin de semaine dernière, il y a eu du concret à la tête de l’organigramme. Phil Spencer a quitté son poste de PDG de Microsoft Gaming, qu’il occupait depuis 2014, au profit d’Asha Sharma. Quant à Sarah Bond, la présidente de Xbox, elle a démissionné. Matt Booty, directeur de Xbox Game Studios, a monté quelques échelons pour échoir au poste de directeur du contenu et travailler sous la tutelle d’Asha Sharma.

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Seamus Blackley et Bill Gates présentent la Xbox au COMDEX le 11 novembre 2001 à Las Vegas © David McNew / Getty Images

Seamus Blackley joue l'oiseau de mauvais augure

Cette réorganisation n’a pas manqué de faire jaser. En particulier en raison du profil d’Asha Sharma, laquelle était présidente de la division CoreAI de Microsoft depuis 2024. Auparavant, de 2017 à 2021, elle avait officié en tant que vice-présidente de Meta. Ce parcours — aucune fonction directe dans l’industrie du jeu vidéo jusqu’ici et le fait qu’elle ait trempé dans l’IA — a attiré sur elle l’ire de quelques énervés. Pour ne rien arranger, l’ingénue a eu la candeur de révéler publiquement son Gamertag ; vous imaginez ce qui a suivi.

Au-delà de ces véhémences de vitrioleurs de l’Internet, Seamus Blackley, papa de la toute première Xbox qui regrette encore d'avoir trompé AMD avec Intel à l'époque, a livré son regard sur la situation actuelle. Selon lui, le fait de placer une dirigeante autant centrée sur l’IA à la tête de l’organisation gaming est un indice sur ce que Microsoft envisage pour l’avenir de Xbox. Il soutient que cela n’a de sens que si l’objectif est de mener la console vers un déclin progressif, ou de gérer une longue transition où les jeux cesseraient d’être la priorité principale pour devenir plutôt un élément de soutien à la stratégie IA plus large de Microsoft. L’homme a déclaré dans une interview accordée à GamesBeat :

Satya Nadella a fait un nombre incroyable de paris et investi une somme considérable d’argent et de crédibilité dans l’avenir de l’IA [...]. Quant à Xbox, comme beaucoup d’activités qui ne sont pas au cœur du business de l’IA, elle est en train d’être progressivement abandonnée. Ils ne le disent pas ouvertement, mais c’est ce qui se passe. Je m’attends à ce que la nouvelle PDG, Asha Sharma, ait pour rôle d’agir comme un médecin en soins palliatifs, accompagnant Xbox doucement vers la fin de sa vie.

[…] J’imagine la situation : demander à quelqu’un s’il était logique de confier un grand studio de cinéma à une personne qui n’aimait pas les films, ou un label de musique majeur à quelqu’un qui n’avait jamais assisté à un concert. Pourquoi ferait-on ça ? Eh bien, on ne le fait que si l’on considère le problème de manière plus abstraite. La conséquence naturelle de la focalisation sur l’IA est que l’IA abstrait chaque problème de l’esprit des dirigeants qui y croient. Et nous faisons de même avec les jeux. Il existe une croyance centrale, que l’on retrouve dans les propos de Satya Nadella, selon laquelle l’IA finira par englober les jeux, comme elle engloberait tout le reste ».

Gardez à l’esprit que ce n’est que l'opinion de Seamus Blackley et que celui-ci ne fait plus partie de l’organisation Xbox depuis des années (depuis 2002).

De plus, pour rester dans le domaine du jeu vidéo, Take-Two Interactive, l’une des entreprises possédant les franchises les plus célèbres (Grand Theft Auto, Red Dead, NBA 2K, Mafia ou encore Borderlands), est dirigée par Strauss Zelnick, lequel a admis qu’il n’était pas un joueur. Selon lui, ce n’est aucunement un problème, puisqu’il estime être là pour diriger l’entreprise, et non pour consommer ses productions. Rien ne dit que le patron de Haribo se gave de fraises Tagada et de Banan's à longueur de journée ! Certes, Grand Theft Auto Online ou NBA 2K sont de lucratives productions percluses de microtransactions ; nonobstant, soutirer un maximum d’argent à leurs clients reste sans doute la visée de la majorité des éditeurs, qu’ils soient dirigés par un joueur occasionnel ou non. 

En somme, il est prématuré de juger Asha Sharma uniquement sur ce critère, et plus généralement de présumer des intentions de quiconque avant même qu’elles ne se manifestent. Attendons de voir ce qu’elle entreprendra.

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